Cancer du sein : le tatouage à la rescousse

Cancer du sein : le tatouage à la rescousse

2 octobre 2019 0 Par clara

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En France, on dénombre plus de 50 000 femmes atteintes du cancer du sein. On parler souvent du dépistage, du traitement mais un peu moins de la reconstruction. Après une ablation, de plus en plus de femmes font appel au tatouage plutôt qu’à la chirurgie esthétique.

Le tatouage à la mode

 

Cela ne vous a surement pas échappé, le tatouage est devenu mainstream. Dans la rue ou à la plage, impossible d’aller nulle part sans voir différentes personnes arborer ces décorations de la peau. On estime que 2 français sur 10 portent un tatouage. Ce chiffre passe à 3 sur 10 chez les moins de 35 ans. Peu importe le milieu social, l’âge ou le domaine d’activité, le tatouage est partout. Du côté des motivations, on va noter un besoin de se réapproprier son corps en le marquant de divers motifs. On peut évoquer également un rite de passage pour certaines personnes mais aussi un phénomène de mode où il s’agira de faire comme les autres. Bref, les raisons sont multiples et le phénomène a pris des proportions énormes. Toutes les villes de France possèdent désormais leur salon de tatouage. Et si le tatouage pouvait également avoir des vertus thérapeutiques ?

 

Le chemin de la guérison

Le cancer du sein fait partie avec celui de la prostate, des cancers qui vont toucher les organes sexués. Après le diagnostic du cancer du sein, il fait passer par les soins la chimiothérapie, la radiothérapie, la chirurgie). Et après toutes ces étapes vient le moment de la reconstruction mammaire qui peut prendre différentes formes. Après une ablation totale (mastectomie) ou partielle d’un sein ou des deux, la patiente aura le choix quand a différentes méthodes de reconstruction. Si la réponse la plus évidente semble être de passer par la pose de prothèses, la réalisation n’est pas si simple. Il y a tout d’abord un délai de quelques mois à respecter après la première intervention pour pouvoir faire de la chirurgie esthétique. Il faut également prendre en compte le fait que le processus est long et coûteux (tous ces soins ne sont pas remboursés). Il est de plus contraignant pour des femmes qui sont déjà passées par la chirurgie dans le cadre de leur traitement, parfois à plusieurs reprises.

 

La reconstruction mammaire boudée

Au final, on se rend compte en étudiant les chiffres que peu de femmes décident de faire appel à la reconstruction mammaire après un cancer du sein. Au Quebec par exemple ce n’est qu’une femme sur 5 qui y a recours alors qu’aux Etats-Unis c’est 1 sur 2. C’est pourtant au pays de l’oncle Sam que l’on voit arriver le mouvement « going flat » (littéralement « rester plate ») qui revendique l’absence de recours à la chirurgie de reconstruction mammaire après un cancer du sein.

 

Le tatouage : une alternative

Pour celles qui ne souhaitent pas passer par la chirurgie, il existe une alternative : le tatouage.  Une façon de masquer la cicatrice, de décorer le torse et d’agrémenter cette partie pour combler le manque. Mais le tatouage peut aussi être réaliste et certaines femmes choisissent de se faire tatouer un téton afin de donner l’illusion de sa présence et ainsi retrouver leur apparence d’avant la maladie. Même si le mamelon ne redeviendra pas une zone érogène, leur corps ne porte plus les marques de la maladie. C’est une façon pour elles de renouer avec leur apparence.

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Quelles précautions à prendre

Attention la peau a été malmenée par les traitements, rendant le tatouage plus délicat. Il faut également attendre environ 1 an pour que la cicatrice de la mastectomie ne soit plus évolutive et ainsi que la zone soit tatouable. Il faut surtout bien choisir son salon de tatouage et s’adresser à un spécialiste de genre de tatouages bien spécifiques. Il faut avoir une connaissance fine des techniques de reconstruction et aussi de leurs conséquences sur la peau pour aborder ce geste avec le plus de précaution possible. Il existe par exemple une femme spécialisée dans le tatouage post cancer du sein, Alexia Cassar, qui a créé le centre “The tétons tattoo shop”. Sachez également qu’ne cas de récidive, cela ne gêne pas une autre opération (le tatouage risque cependant d’être modifié ou déformé). Quant à la radiothérapie, jusqu’à présent il n’y pas d’étude sur le sujet.

 

Tatouage ou dermopigmentation, quelle différence ?

Il existe 2 principales options pour réaliser ce genre de reconstruction en trompe l’œil : le tatouage ou la dermopigmentation. Le premier est définitif, même s’il s’éclaircit après la phase de cicatrisation (environ un mois). La dermopigmentation quant à elle est semi-permanente. Même si elle ne s’effacera jamais totalement, les couleurs risquent de s’estomper, voire de virer. Mais cette technique surveillée médicalement peut être prise en charge à 100% lorsqu’elle est réalisée à l’hôpital.