La vasectomie : vraiment pas le moyen de contraception préféré des Français

La vasectomie : vraiment pas le moyen de contraception préféré des Français

18 septembre 2019 0 Par clara

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En 2017, ce sont seulement  3000 hommes qui ont eu recours à cette méthode de stérilisation définitive. En quoi consiste la vasectomie et pourquoi elle n’a pas la côte auprès des français ?

La vasectomie : qu’est-ce que c’est ?

Reprenons les bases du fonctionnement : après sa production, le sperme va être stocké dans une partie de l’épididyme. Lors de l’éjaculation, le sperme va passer par les canaux déférents avant d’être expulsé mélangé à d’autres composants. La vasectomie consiste donc à ligaturer et sectionner les canaux déférents afin d’empêcher le sperme de se répandre lors de l’éjaculation. Il s’agit alors d’un éjaculat infertile. La stérilisation obtenue par cette opération est définitive.

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Comment se passe l’intervention ?

L’intervention chirurgicale peut se faire de 2 façons différentes :

  • Soit le chirurgien pratique 2 petites incisions dans le scrotum pour sectionner les canaux déférents et en retirer une petite partie. L’intervention se fait alors sous anesthésie locale.
  • Il existe une méthode moins courante appelée “vasectomie sans bistouri”qui consiste à faire une toute petite ouverture avec une pince (si petite qu’elle ne nécessite pas de points de suture pour la refermer) pour extraire les canaux.

Dans les deux cas il s’agit d’interventions très bégnines qui sont rapides (une dizaine de minutes) et ne nécessitent pas une hospitalisation très longue.

 

Une efficacité à 100%, mais pas immédiate

Si l’opération est très rapide et peu invasive, il faut toutefois se méfier : elle n’est pas efficace d’emblée. Toute simplement parce qu’il reste des spermatozoïdes dans les voies génitales qui peuvent persister jusqu’à plusieurs semaines par ès l’opération. Il est donc indispensable de conserver un autre moyen de contraception pendant les premiers mois qui suivent. Un spermogramme sera réalisé après une vingtaine d’éjaculations pour confirmer l’absence totale de spermatozoïdes dans le sperme. À partir de ce moment-là, la stérilisation est efficace définitivement l’absence de spermatozoïdes dans le sperme.

 

La question de la prise en charge de la contraception par l’homme

 

Habituellement, le sujet de la contraception est pris en charge par la femme. Que ce soit avec la pilule, un stérilet ou d’autres méthodes, c’est à la femme qui incombe la responsabilité de faire en sorte de ne pas risquer de tomber enceinte. Néanmoins, l’homme a aussi son rôle à jouer et, à partir d’un certain âge, la question de la vasectomie peut se poser. Par son aspect définitif, ce moyen de contraception n’est pas le premier auquel on peut penser et cette réflexion intervient souvent lorsque l’homme passe la cinquantaine et est sûr de ne plus vouloir d’enfants. Cela peut aussi être le cas lorsque l’homme se trouve dans une relation avec une femme plus jeune (souvent après un premier mariage).

 

3000 vasectomies par an en France

Rares sont les hommes qui choisissent cette méthode de contraception définitive. Elle démontre pourtant une efficacité quasiment totale (seuls 0,5 à 2% des interventions sont des échecs). En 2007, il n’y a eu que 3000 vasectomies en France, bien que la tendance soit à la hausse : il y avait 2 fois moins de vasectomies en 2009. Néanmoins on constate que ce chiffre est très bas comparé aux autres pays. La Nouvelle-Zélande est le pays champion de la catégorie avec 19% des hommes opérés. Au royaume Uni, ils sont 16% des hommes en dessous de 70 ans à l’avoir fait (2008).

 

Pourquoi les français n’aiment pas la vasectomie ?

Alors pourquoi les français boudent-ils ce moyen de contraception. Il faut comprendre qu’historiquement, cette opération a été interdite jusqu’en 2001 au motif qu’elle représentait une atteinte à l’intégrité physique du patient. Il faut ajouter à cela un certain nombre d’idées-reçues persistantes au sujet de la vasectomie comme un bouleversement profond de la vie sexuelle qui s’ensuivrait. Mais la vasectomie n’est à l’origine d’aucune perte de libido, ni des sensations, ne provoque pas d’impuissance et n’empêche pas non plus d’éjaculer. Certains hommes peuvent également se montrer frileux devant les possibles complications opératoires bien qu’elles ne représentent que 5% des interventions : infection, hématomes testiculaires, douleurs chroniques…

La capacité d’un homme à se reproduire étant indissociable à la masculinité dans l’imaginaire, certains hommes peuvent également se sentir amputé d’une de leur capacité élémentaire. Sans parler du fait que la fertilité est également liée à l’impuissance, on comprend donc plus facilement que cette opération n’ait pas la cote auprès de ces messieurs.

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Une opération potentiellement réversible

Pourtant, malgré cette opération, il est encore possible de donner la vie. L’homme peut recueillir son sperme avant l’opération et le congeler dans l’éventualité d’une fécondation in vitro. Il est également possible d’extraire des spermatozoïdes directement dans les testicules à l’aide d’une opération chirurgicale.  En effet, on le rappelle, la vasectomie empêche seulement les spermatozoïdes d’atteindre le reste des composants de l’éjaculat mais continuent à être produits. Il existe enfin une opération qui permet de rétablir la continuité des canaux déférents et ainsi laisser le passage ouvert pour les spermatozoïdes. Cette opération de microchirurgie de précision appelée vasovasostomie ne fonctionne pas toujours. On estime son succès à 30 à 70% des cas lorsqu’elle est pratiquée dans les 3 ans suivant la vasectomie.

 

Avec une opération de stérilisation qui fonctionne très bien sans pour autant être totalement définitive et qui ne nécessite pas d’intervention trop lourde, la vasectomie possède tous les atouts pour figurer parmi les méthodes de contraception utilisées. Reste à décider ces messieurs.